Les vraies questions que les parents se posent — avec les chiffres du barème officiel, la formule de calcul et des exemples concrets.
Avec un revenu net de 2 000 € par mois, la base de calcul est de 1 348 € (2 000 − 652 € de minimum vital). En droit de visite classique :
En résidence alternée, les montants baissent (121,32 € pour 1 enfant) ; en droit de visite réduit, ils augmentent (242,64 € pour 1 enfant). Ce sont des estimations indicatives issues du barème officiel — le juge fixe le montant définitif. Testez votre situation avec notre simulateur.
La formule officielle est simple :
Pension par enfant = (revenu net mensuel − 652 €) × taux du barème, puis on multiplie par le nombre d'enfants.
Trois paramètres seulement : votre revenu net mensuel, le minimum vital déduit (652 €), et le taux, qui dépend du nombre d'enfants et du mode de garde. Exemple : 2 500 € de revenu, 2 enfants, droit de visite classique → (2 500 − 652) × 11,5 % = 212,52 € par enfant, soit 425,04 €/mois au total.
C'est la table de référence du ministère de la Justice, mise à jour le 2 avril 2024 (aucune mise à jour depuis). Voici les taux par enfant, appliqués au revenu net diminué du minimum vital de 652 € :
| Enfants | Visite réduite | Visite classique | Résidence alternée |
|---|---|---|---|
| 1 | 18,0 % | 13,5 % | 9,0 % |
| 2 | 15,5 % | 11,5 % | 7,8 % |
| 3 | 13,3 % | 10,0 % | 6,7 % |
| 4 | 11,7 % | 8,8 % | 5,9 % |
| 5 | 10,6 % | 8,0 % | 5,3 % |
| 6 et + | 9,5 % | 7,2 % | 4,8 % |
Le détail complet, avec les définitions officielles des trois modes de garde, est sur notre page barème officiel.
Non. Le barème est purement indicatif : c'est le juge aux affaires familiales qui fixe le montant définitif, en tenant compte des ressources des deux parents et des besoins de l'enfant (article 371-2 du Code civil).
En pratique, la plupart des juges s'en inspirent fortement — c'est une référence commune qui évite les décisions arbitraires. Mais le juge peut s'en écarter, à la hausse comme à la baisse, dès lors que la situation le justifie (frais spécifiques de l'enfant, disparité de revenus, temps d'accueil réel…).
Oui. La pension est en principe revalorisée chaque année, à la date prévue par le jugement ou la convention, selon l'indice INSEE des prix à la consommation hors tabac. Et surtout : le débiteur doit appliquer cette revalorisation de lui-même, sans passer par un juge.
La formule : nouvelle pension = pension initiale × nouvel indice ÷ indice d'origine. Si la revalorisation n'a pas été appliquée pendant plusieurs années, les arriérés restent exigibles pendant 5 ans. Notre outil de revalorisation fait le calcul pour vous, y compris le changement de base 2025 de l'INSEE.
C'est l'indice des prix à la consommation hors tabac — série « ensemble des ménages » ou « ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé », selon ce que prévoit votre jugement.
Point important en 2026 : depuis janvier 2026, l'INSEE publie cet indice en base 2025. Pour une revalorisation au 1er janvier 2026, le « dernier indice connu » est celui de novembre 2025 : 99,87 (ensemble des ménages) ou 100,03 (ménages urbains).
Si votre jugement cite un ancien indice en base 2015, convertissez-le d'abord avec le coefficient de raccordement (environ ÷ 1,1981 ou ÷ 1,1890 — valeurs estimées), sinon le calcul sera faux. Exemple concret : 300 € × (100,03 ÷ 87,07) = 344,65 €.
En résidence alternée, on applique la même formule mais avec des taux réduits : 9 % pour 1 enfant, 7,8 % pour 2, 6,7 % pour 3, 5,9 % pour 4, 5,3 % pour 5 et 4,8 % pour 6 et plus.
Contrairement à une idée reçue, une pension reste souvent due malgré le partage du temps : quand les revenus des parents diffèrent, c'est le parent le mieux rémunéré qui verse la différence. Exemple : 3 000 € contre 1 800 € de revenus, 2 enfants → (3 000 − 652) × 7,8 % = 183,14 € par enfant, soit 366,29 €/mois.
Côté impôts : en garde alternée, la pension n'est ni déductible pour celui qui verse, ni imposable pour celui qui reçoit.
Oui, pour le parent qui la verse, sous trois conditions (article 156, II, 2° du Code général des impôts) : l'enfant est mineur, la pension est fixée par jugement ou convention homologuée, et l'enfant n'est pas compté dans le quotient familial du débiteur. Le parent qui reçoit la pension doit la déclarer (case 1AO).
Pour un enfant majeur non rattaché au foyer fiscal, la déduction est plafonnée à 6 855 € par enfant (revenus 2025, déclaration 2026) — avec un forfait hébergement de 4 075 € si l'enfant vit chez vous. En garde alternée : ni déduction, ni imposition.
Agissez vite, dans cet ordre :
Bon à savoir : les arriérés restent exigibles pendant 5 ans.
La majorité ne met pas fin à l'obligation. L'article 371-2 du Code civil est explicite : « cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur ».
Concrètement, la pension est due tant que l'enfant ne peut pas subvenir à ses propres besoins : études supérieures sérieuses, formation professionnelle, recherche d'emploi. Elle prend fin quand l'enfant devient financièrement autonome. En cas de désaccord entre parents, c'est le juge aux affaires familiales qui tranche — il n'y a pas d'âge couperet automatique.
C'est la somme que le barème officiel déduit du revenu du débiteur avant d'appliquer le taux — elle représente le minimum nécessaire à ses propres besoins. Le montant de 652 € vient de la table de référence du ministère de la Justice (2 avril 2024) : c'est lui qu'il faut utiliser pour retrouver exactement les montants de la table.
Ne le confondez pas avec le RSA (651,69 € au 1er avril 2026), qu'utilisent à tort plusieurs simulateurs concurrents — leurs résultats s'écartent alors de quelques euros de la table officielle.
Base de calcul : 2 500 − 652 = 1 848 €. Pour 2 enfants :
Estimation indicative d'après le barème officiel — le montant définitif est fixé par le juge.
Ce sont deux mécanismes différents, souvent confondus :
En résumé : la revalorisation ajuste, la révision recalcule.
Oui. À la date prévue au jugement ou à la convention, le débiteur doit appliquer la nouvelle valeur de lui-même — aucune démarche, aucune décision de justice n'est requise. Si l'intermédiation financière est en place, c'est la CAF qui l'applique directement.
Deux cas particuliers : si le jugement ne prévoit aucune clause d'indexation, il faut saisir le juge (requête en interprétation) ; et si des revalorisations ont été oubliées, elles peuvent être réclamées sur 5 ans d'arriérés.
Oui, tant que l'enfant poursuit des études sérieuses ou une formation et ne peut subvenir à ses besoins — l'obligation d'entretien ne s'arrête pas à 18 ans (article 371-2 du Code civil).
Côté fiscalité : si l'enfant majeur n'est pas rattaché au foyer fiscal, le parent qui verse la pension peut la déduire dans la limite de 6 855 € par enfant (revenus 2025). S'il est rattaché, c'est le quotient familial qui s'applique et la pension n'est plus déductible.
Depuis le 1er janvier 2023, l'intermédiation financière est automatique pour toute nouvelle décision fixant une pension alimentaire : la CAF collecte la pension auprès du débiteur et la reverse au créancier chaque mois, et applique elle-même la revalorisation annuelle.
En cas d'impayé, elle déclenche le recouvrement dès le premier mois. Les parents peuvent refuser conjointement ce dispositif — sauf en cas de violences conjugales, où il est obligatoire.