La réponse tient en une phrase : paie celui qui n'héberge pas l'enfant au quotidien. Mais la réalité des familles — garde alternée, parents jamais mariés, beaux-parents, grands-parents — mérite mieux qu'une phrase. Voici qui est débiteur, qui est créancier, et les cas où la réponse surprend.
Dans le langage du droit de la famille, on ne parle pas de « celui qui paie » et de « celui qui reçoit » : on parle de parent débiteur (celui qui verse) et de parent créancier (celui qui reçoit pour l'enfant). Retenez ce vocabulaire : c'est celui qu'emploient le juge, la CAF et l'administration fiscale, et il évite bien des malentendus.
Le parent débiteur : la définition simple
L'article 371-2 du Code civil dispose que chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants « à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant ». Les deux parents sont donc tenus. Mais celui qui héberge l'enfant au quotidien contribue déjà en nature — logement, nourriture, courses, trajets — tandis que l'autre contribue en argent : c'est la pension alimentaire.
En pratique, le parent débiteur est donc :
- en résidence classique (l'ancien « droit de visite et d'hébergement »), le parent chez qui l'enfant ne réside pas habituellement — le plus souvent le père, statistiquement, mais la règle est neutre ;
- en résidence alternée, potentiellement l'un ou l'autre : voir ci-dessous ;
- dans tous les cas, celui que le jugement ou la convention désigne comme débiteur.
Résidence classique ou alternée : qui verse quoi
En résidence classique, le schéma est limpide : l'enfant vit principalement chez un parent, l'autre verse la pension chaque mois. Le montant tient compte des ressources des deux parents et des besoins de l'enfant ; le temps d'accueil du débiteur (un week-end sur deux, la moitié des vacances en général) est déjà intégré dans la table de référence.
En résidence alternée, les deux parents hébergent l'enfant à parts à peu près égales — et pourtant, une pension reste souvent due. Pourquoi ? Parce que les revenus des deux parents diffèrent presque toujours. Si l'un gagne 3 500 € et l'autre 1 800 €, l'enfant vivrait deux niveaux de vie très différents d'une semaine sur l'autre. La pension versée par le mieux rémunéré compense cet écart : c'est le sens de l'article 371-2, la contribution « à proportion des ressources » de chacun. Notre guide Pension alimentaire en garde alternée détaille le calcul, et notre simulateur propose un mode deux revenus pour ce cas.
Il existe un cas où personne ne verse rien : quand les revenus sont quasi identiques et le temps de garde strictement égal, le juge peut ne fixer aucune pension. C'est l'exception, pas la règle.
Parents non mariés, pacsés, séparés sans jugement : les mêmes règles
C'est l'une des idées reçues les plus tenaces : « on n'était pas mariés, donc il ne me doit rien ». Faux. L'obligation d'entretien des enfants ne dépend pas du statut matrimonial des parents. Mariés, pacsés, concubins, ou n'ayant jamais vécu ensemble : dès lors que la filiation est légalement établie à l'égard des deux parents, les règles sont identiques.
La seule différence est procédurale : des parents mariés qui divorcent voient la pension fixée dans le jugement de divorce ; des parents non mariés doivent saisir le juge aux affaires familiales (ou signer une convention parentale homologuée) pour la faire fixer. Le fond du droit — qui paie, selon quels critères — ne change pas d'un iota.
Ceux qui ne paient pas : beaux-parents et nouveaux conjoints
Autre idée reçue, dans l'autre sens : le nouveau conjoint du parent hébergeant n'a aucune obligation envers les enfants de son époux ou partenaire. Le beau-père ou la belle-mère n'est pas débiteur de la pension — même s'il vit avec les enfants au quotidien et participe de fait aux dépenses. L'obligation d'entretien pèse sur les parents, au sens de la filiation, pas sur les conjoints des parents.
Symétriquement, le nouveau conjoint du parent débiteur n'est pas codébiteur : c'est bien le parent lui-même qui doit la pension, sur ses propres ressources. (Ses revenus peuvent toutefois éclairer le juge sur le train de vie réel du ménage en cas de révision — voir notre guide Changement de situation.)
À distinguer : ascendants, devoir de secours, prestation compensatoire
Le mot « pension alimentaire » recouvre en droit plusieurs obligations qu'il ne faut pas confondre avec la pension due pour les enfants :
- L'obligation alimentaire envers les ascendants (article 205 du Code civil) : ce sont les enfants qui doivent des aliments à leurs parents ou grands-parents dans le besoin — le sens est inversé par rapport à la pension pour enfants mineurs ;
- Le devoir de secours entre époux (articles 212 et 214 du Code civil) : pendant le mariage, et sous forme de pension pendant une séparation ou un divorce pour faute dans certains cas, un époux peut devoir une pension à l'autre — cela n'a rien à voir avec les enfants ;
- La prestation compensatoire (article 270 du Code civil) : versée à l'ex-conjoint après un divorce pour compenser la disparité de niveaux de vie créée par la rupture — ce n'est pas une pension alimentaire au sens de l'entretien des enfants, même si le mot « pension » y figure parfois dans le langage courant.
Chacune obéit à ses propres règles de fixation, de révision et de fiscalité. Si votre question porte sur la prestation compensatoire, la référence à consulter est la fiche officielle de service-public.fr, qui détaille le régime applicable.
Qui contacter en cas de doute
Vous ne savez pas si une pension est due dans votre situation, ou à qui vous adresser ? Voici les bons guichets, dans l'ordre :
- La CAF / l'ARIPA : pour le recouvrement des impayés, l'intermédiation financière (automatique depuis le 1er janvier 2023) et l'allocation de soutien familial — voir notre guide ARIPA et intermédiation ;
- Le juge aux affaires familiales : pour faire fixer, réviser ou supprimer une pension — voir notre guide Demander une pension au JAF ;
- Un avocat en droit de la famille : pour les situations complexes (filiation contestée, patrimoine à l'étranger, conflit dur) ;
- service-public.fr : les fiches officielles, à jour et gratuites, pour vérifier chaque règle énoncée ici.
Questions fréquentes
Qui paie la pension alimentaire ?
Le parent qui n'assume pas la charge principale de l'enfant au quotidien, appelé parent débiteur. En résidence classique, c'est le parent chez qui l'enfant ne réside pas habituellement. En résidence alternée, une pension peut rester due par le parent aux revenus les plus élevés pour compenser l'écart de niveau de vie.
Qui est le parent débiteur ?
Le parent débiteur est celui qui verse la pension ; le parent créancier est celui qui la reçoit pour l'enfant. En pratique, le débiteur est le parent qui n'héberge pas l'enfant à titre principal. Les deux parents restent tenus de contribuer à l'entretien de l'enfant à proportion de leurs ressources (article 371-2 du Code civil).
Faut-il être marié pour verser une pension ?
Non. L'obligation d'entretien des enfants existe quel que soit le statut des parents : mariés, pacsés, concubins ou séparés sans jamais avoir vécu ensemble. Seule la filiation légalement établie compte.
Qui a droit à la pension alimentaire ?
L'enfant, tant qu'il ne peut subvenir à ses propres besoins — y compris après 18 ans pendant des études ou une formation. C'est le parent qui l'héberge à titre principal qui perçoit la pension pour son compte ; un enfant majeur peut la percevoir directement.
Pour aller plus loin
- Pension alimentaire en garde alternée — quand une pension reste due malgré le 50/50.
- Demander une pension alimentaire au JAF — la procédure pas à pas.
- Pension alimentaire pour enfant majeur — jusqu'à quand la verser.
- Simulateur de pension alimentaire — estimez le montant selon votre mode de garde.
Rédaction CalculPension · octobre 2026 · Sources : Légifrance (art. 371-2 et 373-2-2, art. 205, 212, 214, 270 du Code civil), service-public.gouv.fr. Sans valeur de conseil juridique.